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            Le travail de Célia Favaretto s’attache à représenter des espaces de vie, humains le plus souvent, non humains parfois, à travers un acte de contemplation.

            Elle évoque une proximité sensible – de l’ordre des sens – aux lieux qui nous entourent, réels ou bien virtuels. Les formes qu’elle observe dans ses environnements proches deviennent sujets de peinture, des éléments fragmentaires, qu’elle peut agencer et ré-agencer.     
C’est souvent lors de ses déplacements quotidiens, ou bien lors de promenades volontaires dédiées à investiguer les lieux qui l’intriguent, que Célia Favaretto recense les différents éléments qui retiennent son attention. Elle s’attarde sur les détails, les micro-événements et ces moments où les lieux et les objets connus semblent former une brèche dans la quotidienneté, comme s’ils se chargeaient d’une présence nouvelle. Elle s’intéresse particulièrement à ces instants où le familier bascule vers l’étrange. Avec un premier geste photographique elle documente et archive ce glissement qui la fascine, avant de passer au travail de dessin, de peinture ou de sculpture.


            En même temps qu’elles parlent de lien et de reconnexion au monde qui l’entoure, les peintures de Célia Favaretto évoquent aussi un désir d’évasion, de fuite d’un certain réel. Cette double dimension, à la fois de désir de contact avec le monde et d’une envie de s’en échapper, fait écho à une réalité contemporaine où le regard oscille entre fascination et désillusion, et cohabite avec une violence systémique. À travers cette tension, la contemplation devient un geste d’attention et de soin, qui propose une manière de regarder et d’habiter un monde autrement.